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Le Réseau de soutien pour jeunes parents célibataires 

Les témoignages suivants des clientes et clients sont réels; seuls les noms ont été changés par souci de confidentialité. Les témoignages illustrent les différentes expériences qu’a eues la clientèle avant, durant et après le soutien obtenu des programmes Grandir ensemble et Ça mijote. 

Témoignages à l’heureux dénouement
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Cliquer sur un témoignage ci-dessous:

1.        Paula : Réussir à s’en sortir
2.        Cheryl : Brève rencontre
3.        Valérie : Plus ça change, plus c’est pareil
4.        Maureen : Avec un peu d’aide de ses amis
5.        Mona : Rompre la chaîne
6.        Diane : Un bon départ
7.        Annie : Un lieu sûr où vivre
8.        Tara : Un besoin d’apprendre
9.        Lena : Un modèle à suivre
10.      Un jeune père


1.         Réussir à s’en sortir  

Paula s’est inscrite au programme d’études secondaires à Youville alors qu’elle avait 17 ans et que son fils Jonathan avait 7 mois. Elle a encerclé comme ses trois activités principales de l’époque « prendre soin de l’enfant, aller à l’école et travailler pour vivre », un équilibre qu’elle allait maintenir avec quelques variations près durant toute la période où elle a été en contact avec cette étude.

Paula vivait dans un quartier plaisant avec un partenaire qui l’aidait à élever l’enfant. Le ménage était pauvre puisque le revenu combiné des deux s’élevait à moins de 15 000 $ par année. Le couple faisait usage de la banque alimentaire (où Paula faisait du bénévolat) ainsi que de plusieurs autres services comme les cliniques de santé, les services de garde d’enfants, la bibliothèque et les programmes récréatifs pour enfants. Paula a découvert le programme en lisant une annonce dans une halte-accueil, après quoi elle a communiqué avec la conseillère de transition de Grandir ensemble. Non-fumeuse et ne prenant un verre qu’à l’occasion, Paula a indiqué que sa santé était très bonne. Jonathan, qui était un enfant en santé encore nourri au lait maternel, était déposé au service de garde pour nourrissons pendant que sa mère suivait ses cours du secondaire ainsi que des classes de gestion de la colère.

Dans le cadre de son entrevue initiale menée quelques semaines après son accueil, Paula indique que Jonathan n’a pas de problèmes graves de santé et n’a souffert d’aucune blessure. Les autres la soutiennent au besoin, elle croit en ses capacités parentales et dans l’ensemble, elle est heureuse. À bien des égards, son estime de soi est bonne bien qu’elle ait l’impression d’exercer peu de contrôle sur les choses qui lui arrivent et ne pas savoir comment résoudre certains de ses problèmes. Quant au programme, elle dit de lui qu’il est « réellement bon, et qu’il devrait y en avoir plus ».

C’est seulement lors de la deuxième entrevue, environ neuf mois plus tard, que Paula signale avoir été extrêmement déprimée après la naissance de Jonathan au point où les services du Réseau « lui ont sauvé la vie ». Elle relate que bien des gens l’ont aidée et qu’elle est toujours en contact avec sa conseillère de Transitions Ouest. Elle a obtenu son diplôme d’études secondaires et a commencé à suivre des cours au Collège Algonquin. À titre d’animatrice auprès de ses pairs, elle enseigne l’art culinaire dans une classe de nutrition prénatale de Ça mijote ainsi que le yoga pour enfants dans un centre communautaire local. Elle a moins confiance en ses capacités maternelles qu’auparavant, mais elle accorde au cours de gestion de la colère de Grandir ensemble l’avantage de l’avoir aidée à contrôler sa colère. Elle s’attribue maintenant une cote très élevée en ce qui concerne son assurance et sa capacité de contrôler sa vie, ce qui dénote une amélioration notable. Le mois précédent, elle a déménagé dans une maison en rangée située dans une banlieue plaisante et elle vit avec une autre jeune mère d’un enfant. Rien n’est dit sur l’absence de son partenaire, quoiqu’elle reçoive, dit-elle, beaucoup de soutien des autres dans sa vie.

Au moment de son entrevue finale, 21 mois après son accueil, elle suit à plein temps un programme de trois ans au Collège Algonquin dans le but de s’inscrire à l’université et d’œuvrer auprès des enfants et des jeunes. Elle a travaillé à temps partiel durant l’été où elle a fait un stage dans un organisme social. Elle a une nouvelle colocataire tout en vivant dans la même maison qu’auparavant. Elle s’ennuie de sa coloc antérieure, de son aide et de ses conseils sur l’éducation des enfants, mais elle dit avoir beaucoup d’amis intimes qui sont ses principales sources de soutien. Financièrement, sa situation s’est améliorée depuis qu’elle a un prêt étudiant et qu’elle ne dépend plus des prestations d’aide sociale. Elle n’a pas beaucoup de temps dans sa vie pour participer à des programmes. Sa santé est défaillante, cependant, et elle craint que les études et le stress en général ne la fassent à nouveau sombrer, comme autrefois, dans l’anorexie.

Elle déclare que la meilleure chose que lui ait apportée le programme Grandir ensemble, c’est du soutien affectif. Elle estime que le programme lui a été plus directement utile à elle qu’à son fils. Toutefois, grâce à l’aide qu’elle a reçue, elle croit pouvoir offrir un meilleur avenir à son enfant. Celui-ci est maintenant dans une situation stable à la garderie du collège où il s’entend bien avec le personnel et les autres enfants, et sa santé se maintient. Elle et son fils entrevoient avec plaisir d’aller au camp de Grandir ensemble cet été.

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2.         Brève rencontre 

Cheryl, qui est âgée de 21 ans, déclare qu’elle n’aurait jamais entendu parler de Sainte-Marie si ce n’avait été de la travailleuse sociale d’un hôpital. Au moment de son accueil, elle vivait, avec sa fille Susan âgée de 18 mois et sa sœur, chez ses parents dans la maison où elle a elle-même grandi. Diplômée d’études secondaires, Cheryl suivait des cours au Collège Algonquin lorsqu’elle s’est jointe au programme Bébé et moi de Grandir ensemble à Sainte-Marie.

Au moment de sa première entrevue deux mois plus tard, Cheryl n’est plus à Sainte-Marie. Elle se décrit comme une « décrocheuse ». Elle et son enfant sont en bonne santé; elle se sent soutenue par ses amis et sa famille et, dans l’ensemble, elle a une attitude positive face à la vie, quoique parfois, elle se sent nulle et démunie face à ses problèmes.

Au moment de son entrevue de suivi un an après son accueil, il y a peu de changement : Cheryl et sa fille vivent toujours dans sa famille tandis qu’elle continue à suivre des cours à Algonquin. Sa fille fréquente un service de garde à domicile accrédité. Lorsqu’elle repense au moment où elle était inscrite au programme Grandir ensemble, elle en conclut que le programme lui a fait connaître des services sociaux dans la collectivité (quoique le nombre de services qu’elle utilise ne se soit pas accru). Comme elle vit à la maison dans une famille stable, elle n’avait pas entendu parler de l’existence des services sociaux auparavant. Elle dit aussi s’être fait de nouvelles amies là-bas qui sont dans la même situation qu’elle, mais elle a détesté les « règles stupides ». Fait remarquable, elle s’estime maintenant fort capable de contrôler sa vie et de résoudre ses problèmes.

Deux ans après sa brève période passée au sein du programme Bébé et moi, Cheryl a déménagé de chez ses parents et vit maintenant dans une maison qu’elle loue. Elle compte déménager à nouveau lorsque son bail se terminera dans quelques mois. Même si elle reconnaît avoir beaucoup de soutien de ses parents, elle croit qu’elle peut davantage prendre sa vie en main si elle vit seule. Elle a obtenu son diplôme du Collège Algonquin, a accepté un premier emploi dans un bureau professionnel, a quitté cet emploi et est retournée à Algonquin pour suivre une formation dans un autre domaine. Elle se sentait « misérable » dans son emploi et estime maintenant qu’elle sait beaucoup mieux comment orienter sa carrière.

Lorsqu’elle songe à son expérience, elle déclare qu’elle ne voulait pas initialement fréquenter Sainte-Marie et que divers aspects de la maison lui déplaisaient. Or, elle se rend compte aujourd’hui que cette expérience l’a aidée à parvenir là où elle est maintenant dans la vie. Elle se perçoit comme une mère bien préparée, capable de bien prendre soin de son enfant à cause des leçons qu’elle a tirées du programme Bébé et moi à Sainte-Marie. « Je ne changerais pour rien au monde mon passé. »

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3.         Plus ça change, plus c’est pareil

Lorsque Valérie découvre, à 14 ans, qu’elle était enceinte, elle cesse de consommer des drogues de la rue et de boire de l’alcool, mais elle continue à fumer la cigarette et à prendre de la marijuana. Son fils Tommy naît deux semaines après la date prévue; c’est un nourrisson en santé pesant 8 lb 10 oz qui n’exige aucun soin spécial après sa naissance. Deux ans plus tard, une fille en bonne santé, Lynette, voit le jour.

À peu près à cette époque, la jeune famille déménage dans un complexe d’habitations subventionnées aux prises avec des tensions raciales, la criminalité et la violence. Valérie vit à cet endroit avec ses enfants lorsqu’elle s’inscrit au programme Grandir ensemble par l’entremise du Centre Youville, et elle continue à y résider pendant les deux ans où elle est en contact avec cette étude. Au moment de son accueil, elle décrit son quartier comme un lieu somme toute sûr pour les enfants, où on ne consomme ni alcool ni drogues. Son évaluation du quartier se détériore avec le temps toutefois et au moment de son entrevue la plus récente, elle se plaint qu’elle a dû téléphoner à la police pour lui demander d’intervenir auprès de ses nouveaux voisins qui consomment des drogues.

Valérie a été dirigée vers le Réseau par une travailleuse sociale de la Société d’aide à l’enfance. À l’âge de 19 ans, elle détient un diplôme de neuvième année. Elle a fait grandement usage des services sociaux dans le passé : counselling pour l’aider à vaincre sa toxicomanie, banque alimentaire, services pour enfants ayant des problèmes affectifs et des problèmes de santé et clinique de santé sans rendez-vous. Elle ne tarde pas à s’inscrire aux cours de Gestion de la colère et du stress, Bébé et moi ainsi qu’à des cours de niveau secondaire à Youville tandis que Tommy (4 ans) et Lynette (3 ans) passent leurs journées à la garderie.

Au moment de sa deuxième entrevue huit mois plus tard, Valérie suit le cours de gestion de la colère et du stress de Grandir ensemble; ses enfants fréquentent toujours les programmes préscolaires à Youville, et la famille est allée camper l’été précédent avec le groupe de Grandir ensemble. Ce sera bientôt Noël, et Valérie prévoit obtenir son diplôme d’études secondaires l’automne suivant. Elle est coprésidente de l’école et elle estime que la participation des étudiants est très importante. Selon l’évaluation qu’elle fait de Tommy, l’agressivité de l’enfant limite sa capacité de participer aux programmes. Au Centre Youville, on a pris des dispositions pour qu’un autre organisme de l’extérieur du réseau offre un programme spécialisé de thérapie individuelle à Tommy pendant qu’il est à la garderie. Valérie a du mal à contrôler son fils. Même si elle est fatiguée et tendue comme mère, elle a l’impression de bien exercer son rôle. La vie lui semble en général plus difficile qu’auparavant. Elle décrit sa santé comme « pas mauvaise », et bien qu’elle ait cessé de fumer depuis plusieurs mois, elle s’est remise à boire après un temps d’arrêt.

Valérie n’a rien de négatif à dire à propos de Grandir ensemble : le programme l’a aidée dans ses études et a facilité sa vie sociale. Les enseignantes et les membres du personnel de Grandir ensemble ont été utiles, compréhensives et solidaires.

Au moment de sa dernière entrevue, deux ans après son accueil, Valérie passe un hiver difficile. Elle s’inquiète à propos de l’agressivité de Tommy; il réussit bien chez les Castors et dans sa classe de Tai chi, mais obtient de piètres résultats en première année. Elle fait de son mieux comme mère, mais c’est un travail ingrat. Un ancien et un nouveau copains sont entrés dans sa vie puis sont repartis. Elle a obtenu son diplôme d’études secondaires à l’automne tel que prévu et elle est maintenant à la recherche d’un emploi tout en envisageant avec joie de retourner au collège l’automne suivant. Mais les choses sont pires qu’elles l’étaient six mois auparavant. Elle regrette la stabilité que lui donnait la routine quotidienne à l’école et elle est plus mal en point financièrement sans la carte d’abonnement d’autobus et l’accès à la banque alimentaire. Elle n’est inscrite à aucun programme de Grandir ensemble et à aucun autre programme. Le soutien des gens qui l’entourent est «inexistant ».

Valérie estime que Tommy s’entend mieux avec les adultes par suite de l’attention spéciale qu’il a reçue à la garderie. Lorsqu’on lui demande ce que lui a apporté de plus précieux le programme Grandir ensemble, elle répond : « Juste avoir quelqu’un à qui parler. » Elle juge aussi importants l’amélioration de ses compétences parentales et le counselling individuel qu’elle a reçu en matière de toxicomanie. Elle a maintenant complètement cessé de boire. Elle ne mentionne pas son diplôme d’études secondaires.

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4.         Avec un peu d’aide de ses amis 

Maureen, âgée de 21 ans, s’est inscrite aux programmes Parenting Plus et Bébé et moi de Grandir ensemble, au Centre d’espoir Bethany, Armée du Salut, avec son fils de trois ans, sur la recommandation d’un centre de ressources communautaires. Détenant un diplôme de neuvième année, elle recevait des prestations d’aide sociale et vivait en appartement avec son fils. Durant sa première entrevue, elle se dit satisfaite de son rôle de mère et de sa vie en général. Elle se sent toutefois vulnérable à certains égards sur le plan du soutien personnel; par exemple, elle ne croit pas pouvoir compter sur les autres en situation d’urgence et elle ne se sent pas entourée par sa famille et ses amis. Elle adore la salle de jeu et l’endroit où le groupe de jeu a lieu à l’extérieur, et elle trouve le programme très bon.

Neuf mois plus tard, Maureen est toujours inscrite au programme Parenting Plus de Grandir ensemble au Centre d’espoir Bethany, Armée du Salut. Elle déclare apprécier en particulier le fait que le cours s’adresse aux jeunes parents célibataires; à titre de mère monoparentale, elle constate qu’il y a des moments où elle a vraiment besoin que quelqu’un « lui prête une oreille attentive », et que c’est là où le programme lui vient en aide. Elle évalue maintenant le soutien personnel qu’elle reçoit comme très solide; elle peut compter sur les autres et obtenir de l’aide de ses amis et de sa famille.

Vingt mois plus tard, Martin est entré à la prématernelle et tout se passe bien. Sa mère met sur le compte du groupe de jeu le fait qu’il soit moins timide. La travailleuse de transition a aidé Maureen à suivre des cours par correspondance offerts par l’entremise du programme du Centre d’apprentissage indépendant situé au Centre d’espoir Bethany, Armée du Salut, où le groupe de jeu et les cours sur le rôle parental ont lieu. Maureen trouve que c’est un endroit tranquille où travailler pendant que Martin joue en groupe. L’attention qu’elle accorde à ses études et la routine à laquelle elle s’astreint pour elle-même et pour son fils les occupent tous deux au point de les empêcher de participer à d’autres programmes dans la collectivité. Maureen croit que ce tournant dans sa vie lui vaut davantage de respect et de soutien de la part de sa famille.

Lorsqu’elle songe à son expérience au sein du programme Grandir ensemble, elle n’a que des éloges à formuler. C’est ce dont elle avait besoin, se trouver en compagnie d’autres parents célibataires avec qui parler de ce qu’elle vivait. Elle sentait que si elle avait des problèmes, il y avait des gens là qui seraient prêts à l’aider. « Je me suis sentie plus en sécurité. »

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5.   5.         Rompre la chaîne 

Dirigée vers le Réseau par une amie, Mona était une femme de 24 ans d’ascendance mixte canado-amérindienne confiante en elle-même lors de son arrivée dans le programme. Vivant seule avec son fils de quatre ans, elle indique que sa principale activité consiste à fréquenter l’école, y compris un cours par correspondance en mathématiques qu’elle suit tandis que son fils est inscrit à la garderie et au programme préscolaire à Youville. Elle est aussi inscrite au programme de gestion de la colère et du stress et à un programme sur le rôle parental à Grandir ensemble. Même si elle a pour seul liens familiaux une grand-mère vivant dans une autre ville, Mona inscrit sur son formulaire d’accueil qu’elle a un bon système de soutien informel de la part de ses amis et de sa famille. Elle ne manque pas d’estime de soi et sent que son avenir lui appartient. Cinq mois plus tard, elle déclare également avoir un haut niveau de confiance en ses capacités comme parent et prendre plaisir à exercer ce rôle. Durant ses entrevues successives, elle décrit son fils Jason comme un enfant heureux et en santé, accepté de ses camarades, qui se comporte raisonnablement bien.

Seuls son dossier médical et sa consommation de marijuana, d’alcool et de cigarettes laissent sous-entendre la présence de problèmes dans le passé. Jason est le seul enfant qu’elle ait eu bien qu’elle ait été enceinte trois fois. Fumeuse, elle a également indiqué qu’elle avait consommé de la marijuana durant sa grossesse, et même si elle ne boit qu’environ une fois par mois, elle prend plusieurs verres à ces occasions.

Douze mois après son accueil au programme Grandir ensemble, Mona a cessé de boire et de fumer et elle suit des cours de natation. L’usage qu’elle fait des autres services communautaires est passé de deux (bibliothèque et service de garde d’enfants) à trois puisqu’elle fréquente maintenant la clinique de santé communautaire sans rendez-vous. Même si elle n’est inscrite à aucun programme de Grandir ensemble au moment de l’entrevue, elle dit du programme de gestion de la colère et du stress qu’il « m’a remis d’aplomb en me faisant comprendre combien j’abusais de mon corps ». Un peu plus âgée que beaucoup de participantes au programme, Mona suit des cours dans une école de commerce locale.

À sa dernière entrevue, 21 mois après son entrée à Grandir ensemble, Mona vient tout juste de finir ses derniers examens et a obtenu son diplôme d’études commerciales. Elle est inscrite à un programme de pré-emploi, elle travaille à son curriculum vitae et elle se prépare à passer des entrevues tout en occupant un poste à temps partiel dans un restaurant-minute. Son fils a quitté le service de garde pour entrer en première année et est inscrit à un programme parascolaire du YMCA/YWCA. Elle regrette d’avoir recommencé à fumer, mais estime que sa vie en général va mieux qu’il y a six mois : son partenaire a emménagé chez elle et à deux ils font plus d’argent et espèrent pouvoir déménager dans un quartier plus agréable. Dans deux ans, elle compte occuper un emploi stable (avec avantages sociaux, fait-elle remarquer) et dans cinq ans, elle aimerait commencer à mettre de l’argent de côté sous forme de RÉER.

Lorsqu’on lui demande ce que Grandir ensemble lui a surtout apporté, elle répond que le soutien du groupe a été formidable et que les cours de gestion de la colère et de l’exercice du rôle parental étaient excellents. « J’ai été une enfant maltraitée et je sais que ce sont des choses qui se transmettent de génération en génération. Je m’assure d’offrir à Jason une enfance meilleure que la mienne. Il est aimé. »

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6.         Un bon départ  

Lorsqu’on lui a demandé dans sa dernière entrevue où elle se voyait dans un an ou deux ans, Diane, âgée de 18 ans, ne pouvait pas voir plus loin qu’au-delà de ses études secondaires. Il lui reste au moins deux ans avant d’obtenir son diplôme et elle n’a « aucune idée » de ce qu’elle fera dans cinq ans. Son avenir immédiat l’occupe suffisamment : elle a trouvé une nouvelle garderie pour sa fille de 18 mois et elle entre elle-même dans une nouvelle école secondaire le mois prochain. D’ici là, elle s’occupe de son appartement subventionné qu’elle trouve très bien même s’il y a « beaucoup de gens bizarres » dans l’immeuble.

Diane s’est présentée à la Maison Sainte-Marie alors qu’elle était enceinte à l’âge de 16 ans, sur les conseils de sa grand-mère et suivant les consignes de la conseillère de transition. Trois mois après son arrivée à la maison, elle suit le programme de renoncement au tabac et le programme d’intervention précoce en toxicomanie de Grandir ensemble ainsi que le programme L’ABC des bébés tout en attendant la naissance de son enfant. Décrivant sa principale activité comme « la lecture de détente », elle fume environ cinq cigarettes par jour et bien que dans le passé, elle ait déjà consommé de l’alcool, de la marijuana et d’autres drogues, elle s’en abstient durant sa grossesse. Le personnel de la Maison Sainte-Marie « ne pose pas de problème » et certaines des règles sont « passablement vieillottes ». Elle a peu d’appétit, elle est facilement distraite et elle a du mal à dormir; elle a l’impression d’exercer peu de contrôle sur sa vie, mais elle se sent malgré tout heureuse la plupart du temps. Dans cette entrevue de même que durant les suivantes, elle indique qu’elle a son propre réseau de soutien composé d’amis et de membres de sa famille sur qui elle peut compter.

À l’entrevue suivante, 12 mois après son entrée à la Maison Sainte-Marie, Diane est étudiante au secondaire et vit dans son propre appartement. L’école secondaire est dotée d’une garderie qui s’occupe de sa fille de neuf mois pendant qu’elle suit ses cours. Jessica est née durant la semaine suivant la date prévue, un nourrisson en santé pesant 7 livres 6 onces. Elle est encore allaitée. Diane trouve la maternité exigeante, mais sinon elle est très positive à son sujet. La meilleure chose, c’est qu’elle a cessé de fumer grâce au programme Maman on écrase! de Grandir ensemble. Ses problèmes de santé à la Maison Sainte-Marie se sont quelque peu résorbés; son autoévaluation dans les domaines du contrôle qu’elle exerce sur sa vie, de la confiance en soi et de la façon dont elle envisage l’avenir est très positive.

Comparativement à il y a un an, Diane indique qu’elle utilise davantage de services : outre la clinique de santé sans rendez-vous et la bibliothèque, elle fait maintenant appel aux services de garderie et se rend à la clinique de santé spécialisée. Lorsqu’elle regarde le temps qu’elle a passé à la Maison Sainte-Marie, elle constate que le programme L’ABC des bébés lui a appris comment s’occuper de sa fille et a amélioré sa façon d’agir. Elle souligne cependant que les programmes ne sont utiles que si les participantes s’y inscrivent librement. Elle a choisi de ne pas suivre le programme de gestion de la colère et du stress de Grandir ensemble et n’a pas aimé le programme d’intervention précoce en matière de toxicomanie. Elle dit qu’elle ne s’est pas bien entendue avec les autres jeunes femmes dans la résidence.

Au moment de la dernière entrevue, près de deux ans après son entrée à la Maison Sainte-Marie, Diane indique que Vanessa va superbement bien et qu’elle surpasse la plupart des jalons fixés dans la documentation sur le développement de l’enfant de Grandir ensemble, qu’elle consulte. On a diagnostiqué de l’asthme chez l’enfant récemment, mais la diarrhée chronique dont la petite souffrait a disparu depuis son changement de garderie. Diane n’a pas pu continuer ses études à son ancienne école secondaire à cause d’un manque d’espace, mais elle a été acceptée à une nouvelle école où elle entreprendra sa onzième année le mois prochain. À part ça, rien n’a changé et rien d’autre n’est à changer pour l’instant. Elle ne participe à aucun programme de Grandir ensemble ni à aucun programme communautaire, mais elle se souvient du temps qu’elle a passé à la Maison Sainte-Marie et du programme Grandir ensemble qui a permis à Vanessa de partir d’un bon pied dans la vie.

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7.         Un lieu sûr où vivre 

Annie était une jeune femme de 15 ans troublée et enceinte en 1995 lorsqu’elle a pour la première fois entendu parler du programme Grandir ensemble. La vie était dure pour elle à cette époque et elle m’a dit qu’elle devait « déménager dans une maison de maternité ». Elle avait eu des démêlés avec la justice et avait vécu dans un foyer de groupe. Elle est venue s’installer à la Maison Sainte-Marie, et sa vie a pris un nouveau tournant.

Annie, maintenant âgée de 18 ans, a donné naissance à un fils en santé en juillet 1995. Aujourd’hui, Mark est un bambin de deux ans et demi très énergique. Annie déclare qu’il se porte très bien. Il est inscrit dans un programme de garderie à une école secondaire locale. Il est très sociable et il s’entend fabuleusement bien avec ses camarades et le personnel de la garderie. Mark est plus grand que les autres enfants de son âge et il parle mieux qu’eux, selon sa mère. À un moment donné, Annie s’inquiétait parce qu’il ne faisait pas beaucoup de phrases, mais elle a finalement compris qu’il apprenait normalement à parler. Apparemment, c’est le seul enfant de son groupe d’âge qui grimpe sur certaines des structures de jeu à la garderie. Lorsqu’on lui a demandé à quel point cet enfant était « énergique », elle a indiqué qu’il est très actif mais qu’il peut aussi « s’asseoir et jouer seul tranquillement ». Sa santé est très bonne, son seul problème étant des otites, qui se produisent de plus en plus rarement. La santé d’Annie est « bonne ». Elle a tendance à « courir » un peu et elle pense qu’il serait bon qu’elle dorme davantage et qu’elle fasse plus d’exercice physique.

Lorsqu’on lui a demandé si elle faisait un bon travail comme mère, elle a répondu « oui, la plupart du temps ». Il semble que les gens autour d’elle lui disent constamment qu’elle est une bonne mère, mais elle a l’impression qu’elle pourrait faire mieux. Elle devient facilement stressée, et lorsqu’elle l’est, elle hausse le ton devant Mark. Elle pense que le genre de punition qu’elle lui inflige dépend de son humeur moins de la moitié du temps. Par ailleurs, lorsqu’elle lui parle de son comportement, c’est plus souvent qu’autrement pour lui faire des éloges.

Annie indique que tout va bien pour elle ces jours-ci, sauf que sa « vie personnelle » est stressante et pire qu’avant. Elle et son copain (qui ne vivent pas ensemble) ont connu des moments difficiles et se sont séparés récemment. À part cette rupture, sa vie consiste principalement à l’heure actuelle à « travailler dur à l’école » à plein temps et à occuper le poste d’adjointe au programme PCNP Ça mijote une fois par semaine. Elle a accepté de faire ce travail parce qu’elle était devenue un modèle naturel alors qu’elle allaitait son fils Mark après sa naissance et qu’elle avait complété avec succès plusieurs des programmes de Grandir ensemble. Le personnel de Grandir ensemble voulait tirer parti des aptitudes d’Annie pour le leadership et de son entregent.

Elle est heureuse là où elle vit dans la société d’habitation sans but lucratif Emily Murphy. Sa maison est très confortable et le quartier est « attrayant et sûr ». Elle peut sortir avec Mark sans crainte et tous deux passent beaucoup de temps ensemble dans les parcs du voisinage.

Sur le plan économique, les choses sont stables pour Annie. La Société d’aide à l’enfance lui donne un soutien financier, ce qui apparemment se poursuivra jusqu’à ce qu’elle ait 21 ans. Sa mère est derrière elle et Annie s’est fait « de bonnes amies » parmi le personnel de Grandir ensemble, et peut compter à 100 % sur leur soutien.

En 1995, Annie n’avait pas d’autre option que de résider dans une maison de maternité. Elle ne savait pas à quoi s’attendre par la suite. Elle croyait que les choses allaient si mal dans sa vie (elle avait auparavant passé du temps dans un centre de détention) qu’entrer à la Maison Sainte-Marie ne pouvait pas lui rendre la vie plus difficile. Cependant, une fois qu’elle s’est installée dans la routine quotidienne de la vie là-bas, quelque chose de spécial s’est produit. Elle dit que le personnel des projets de Grandir ensemble a commencé à l’aider à réaliser de petits projets, et que ça lui a ouvert beaucoup de portes. Elle s’est aperçue qu’elle avait noué des liens avec des gens sur qui elle pouvait compter pour obtenir du soutien et qu’elle et certaines membres du personnel étaient devenues « de bonnes amies ».

Après la naissance de Mark, elle a commencé à participer, avec l’enfant, au programme « Bébé et moi ». Elle n’a quitté le programme qu’en raison de l’âge de Mark, qui n’était plus admissible. Elle croit que tous deux ont tiré grandement profit de « Bébé et moi ». Aujourd’hui, elle et Mark peuvent toujours aller au camp d’été de Grandir ensemble. Le camp a aidé son fils « à voir et à faire des choses qu’il n’aurait jamais faites autrement », selon elle. Elle attribue le bon développement de Mark au fait qu’elle soit entrée dans le Réseau.

Grandir ensemble l’a aussi mise sur la voie de la société d’habitation sans but lucratif Emily Murphy. La première fois qu’elle a quitté la Maison Sainte-Marie, elle a vécu dans un endroit affreux. Grâce aux liens qu’elle avait tissés à Grandir ensemble, elle a pu être admise dans le projet d’habitation Emily Murphy et elle n’a que des éloges pour l’endroit et le quartier. Là où elle habitait auparavant, elle n’aurait pas pu emmener Mark jouer dehors, c’était trop dangereux. « Ici, à Emily Murphy, Mark peut vivre et jouer comme un enfant normal. »

Annie envisage de terminer ses études secondaires et de se préparer à entrer au collège dans un an d’ici. Elle prévoit être encore au collège dans deux ans. Dans cinq ans, elle imagine qu’elle aura terminé ses études collégiales, qu’elle travaillera et qu’elle recueillera les fruits de son dur labeur, en ayant par exemple une belle voiture et une jolie maison.

Annie signale qu’elle ne sait pas ce qu’elle aurait fait si elle avait raté l’occasion de bénéficier des services du Réseau. Elle a une copine qui vit aussi dans le projet d’habitation Emily Murphy et qui a également résidé à la Maison Sainte-Marie. Ces jours-ci, toutes deux vont faire des promenades dans leur quartier et elles parlent de leur expérience des programmes de Grandir ensemble. Annie déclare que sans Grandir ensemble, elle et son amie n’ont pas idée comment « elles s’en seraient sorties ».

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8.         Un besoin d’apprendre 

Tara a 18 ans et elle est née au Canada. Au moment de l’étude, son fils avait 3 mois. Il était son deuxième enfant, mais c’était le premier auprès de qui elle exerçait son rôle de mère. Selon le personnel, son premier enfant lui avait été retiré par la Société d’aide à l’enfance (SAE) parce que Tara était considérée comme une mère à risque. Elle était très jeune, elle avait un faible niveau de scolarité, elle avait eu des démêlés avec la justice et elle avait été violentée par un beau-père et par son copain précédent. Elle détenait une huitième année et elle vivait jusqu’alors de l’aide sociale. Elle a admis qu’elle n’était pas prête à être mère la première fois – elle n’avait que 16 ans à la naissance de son premier enfant. Lorsque nous avons interrogé Tara, elle était sur une liste d’attente pour le Centre Youville, une école secondaire pour jeunes mères, et elle espérait y terminer ses études secondaires. Elle venait tout juste de déménager dans un nouvel appartement et elle avait rencontré un nouveau copain qui, d’après le personnel, semblait avoir une certaine maturité et exercer une bonne influence sur elle.

Tara vivait dans une maison d’hébergement pour femmes lorsqu’elle a entendu parler pour la première fois du programme de nutrition prénatale. Elle y a été dirigée par le personnel de la maison d’hébergement qui estimait qu’elle bénéficierait du soutien que le programme pouvait lui offrir. Elle nous a dit qu’elle avait très peur au début parce qu’elle ne savait pas du tout comment prendre soin d’elle-même durant sa grossesse ni comment prendre soin d’un bébé. Comme elle l’a dit dans ses propres mots:

« J’avais beaucoup de choses à apprendre. Avant d’arriver ici, je ne savais pas comment prendre soin d’un bébé; je ne savais pas comment donner le bain à un bébé, comment le changer ni comment le nourrir. »

Pour ce qui est de se rendre au programme, Tara nous a dit que les billets d’autobus l’avaient réellement aidée. Beaucoup de femmes vivent assez près de l’endroit où se tient leur groupe, mais ce n’est pas le cas de Tara. Celle-ci apprécie beaucoup les aliments frais et le lait qu’elle obtient du programme. Sans le programme croit-elle, elle et son jeune fils crèveraient de faim. Elle utilise aussi la banque alimentaire pour joindre les deux bouts, mais la banque ne peut pas lui offrir les aliments frais dont elle et son bébé ont besoin.

Tara nous a dit que le programme avait fait d’elle une meilleure mère. Elle nous a parlé de l’expérience qu’elle avait eue avec son premier enfant et du fait que celui-ci avait été placé en famille d’accueil parce « qu’elle ne savait rien ». Elle ne s’était pas rendu compte à quel point il fallait consacrer du temps à un bébé. Maintenant elle participe à des réunions mensuelles et elle apprend comment bien jouer son rôle parental. Elle nous a dit qu’elle avait tendance à devenir frustrée, mais qu’on lui avait enseigné (par l’entremise de vidéos) des techniques comme la façon de donner un massage au bébé ou de le calmer lorsqu’il pleure ainsi que d’autres méthodes pour en venir à bout.

D’après Tara, c’est le fait de pouvoir parler à d’autres mères et de profiter de leurs conseils qui lui a été le plus utile dans le programme. C’est grâce au programme et aux réunions mensuelles qu’elle a rencontré Lena avec qui elle est devenue amie. (Voir le témoignage de Lena plus loin). Elles passent maintenant toutes deux du temps ensemble. Lena n’est pas seulement une amie pour Tara, mais aussi un modèle. Lena a rassuré Tara durant sa grossesse qu’elle a vécu difficilement, étant souvent malade et craignant énormément que les choses tournent mal. Lena, qui avait trois enfants, a soutenu Tara durant la période gestation et après la naissance de l’enfant.

Il y a un élément d’information très important lié au témoignage de Tara : jusqu’à ce qu’elle entreprenne le programme, la SAE détenait une ordonnance de supervision à son sujet. Cette ordonnance a été retirée après son inscription et sa participation au programme. C’est dire à quel point le programme a eu une incidence positive sur la vie de cette jeune femme.

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9.         Un modèle à suivre 

Lena a 36 ans et elle est née en Jamaïque. Elle vit avec son mari qui cherche toujours du travail après avoir perdu son emploi dans une petite entreprise d’imprimerie. Elle vient tout juste de mettre au monde son quatrième enfant, et selon le personnel, elle adore avoir des enfants et être mère. Lena a entendu parler du programme PCNP par une voisine. Elle et son mari vivent au Canada depuis moins de deux ans; ils ont immigré pour se joindre à une entreprise familiale et offrir à leurs enfants une vie meilleure. Lena s’est sentie très isolée à la maison durant sa grossesse. Deux de ses enfants fréquentaient l’école à plein temps et son mari travaillait de longues heures. Lorsqu’elle a entendu parler du programme et de ce qu’il avait à offrir, elle a aimé l’idée de pouvoir rencontrer d’autres mères et de se familiariser avec le mode de vie canadien. Comme la situation financière actuelle de sa famille n’était pas très bonne, elle se réjouissait aussi des suppléments alimentaires que le programme lui promettait.

Lena nous a dit combien elle aimait venir au programme. L’endroit est idéal pour elle, parce qu’il se trouve dans le même centre que son médecin – « du magasinage à guichet unique », comme elle le dit. Alors qu’il y a des femmes qui doivent prendre l’autobus pour s’y rendre, elle trouve qu’elle a de la chance parce qu’elle peut faire le trajet à pied de son appartement. Outre son benjamin, un fils qui est inscrit au programme, elle y emmène aussi sa fillette. « Ma fille prend aussi plaisir à venir », nous a-t-elle dit. Lena a également mentionné combien elle se sentait enrichie de rencontrer des femmes d’autres cultures – car il y a de nombreuses femmes musulmanes dans le groupe. Elle aime « élargir ainsi ses horizons ».

Grâce à son expérience de la maternité, Lena se perçoit un peu comme un modèle pour les jeunes mères. Elle s’est rapprochée de l’une d’elles en particulier, Tara. Elle nous a dit que ça la rendait heureuse de pouvoir venir en aide à Tara. Lorsque Tara a commencé à participer au programme, elle était très craintive à propos de la naissance de son bébé car elle pensait ne pas pouvoir être capable de s’en occuper. Lena l’a rassurée en lui relatant certaines de ses propres craintes lors de sa première grossesse. Lena et Tara se rencontrent entre les réunions et sont devenues de bonnes amies. Lorsque le personnel a parlé pour la première fois à Tara du Centre Youville, une école secondaire pour jeunes mères, Lena l’a encouragée à mettre son nom sur la liste d’attente. Le personnel a remarqué la relation étroite qui s’est nouée entre les deux femmes et les avantages qu’elles en retirent toutes les deux.

Pour Lena, le programme a été utile à bien des égards. Elle allaite et nous a dit que ça se passait très bien grâce aux conseils qu’elle n’a cessé de recevoir de la consultante en allaitement. Elle a eu du mal à allaiter ses autres enfants et attribue son succès cette fois-ci au programme. Elle nous a dit qu’elle se sent en général beaucoup plus détendue et moins critique vis-à-vis d’elle-même. Elle trouve formidable de sortir et elle aime la compagnie des adultes. Elle en a appris beaucoup sur la grossesse, la régulation des naissances et la nutrition. Même si elle était une mère expérimentée, le programme a renforcé sa confiance en sa capacité d’élever ses enfants de façon à ce qu’ils deviennent des adultes productifs et en santé. Sa famille apprécie l’accès à des aliments frais durant cette période difficile. Mais surtout, le programme a donné à Lena l’occasion de faire bénéficier les autres de son expérience de vie et de se faire de nouvelles amies.


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10.       Un jeune père 

Je participe au programme pour les jeunes pères depuis plus de quatre ans. C’est une expérience fabuleuse. J’ai commencé à suivre le programme lorsque mon fils n’avait que quelques mois et j’estime que Grandir ensemble et le Programme pour jeunes pères ont nettement amélioré ma vie.

Lorsque mon fils est né, j’avais peur de ne pas pouvoir être un bon père. Je n’avais pas suffisamment confiance en moi. Depuis ma tendre enfance, j’avais appris que les pères travaillent et que les mères sont celles qui prennent d’abord et avant tout soin des enfants. Le Programme pour jeunes pères m’a fait voir les choses complètement différemment. J’ai découvert que les pères sont aussi importants que les mères, et que mon fils a besoin d’autant d’amour et de soutien de moi que de sa mère.

Le personnel et les bénévoles à Grandir ensemble et au Programme pour jeunes pères sont des personnes très gentilles, très compréhensives et pleines de ressources. Je les remercie de tout cœur de m’avoir aidé à devenir le père que je suis aujourd’hui. Je suis beaucoup plus conscient et attentionné comme père et comme personne maintenant. Le Programme pour jeunes pères à Youville est un merveilleux endroit où se détendre, avoir du plaisir et où surtout parler des divers enjeux auxquels font face les pères quotidiennement. J’ai dans le passé invité d’autres jeunes pères à participer au programme.

Grandir ensemble a fait un excellent travail de promotion de la paternité et j’espère que le personnel va poursuivre dans la même veine parce que les gens qui en bénéficient le plus sont les enfants. Je participe toujours au Programme pour jeunes pères et j’ai confiance qu’il va m’aider à faire face aux enjeux qui vont se présenter au fur et à mesure que mon enfant va grandir et se développer.

Merci de tout le travail que vous faites.